CAREME, TEMPS DE DISCERENERMENT DES SIGNES D’APPEL A LA CONVERSION DANS LES EVENEMENTS QUOTIDIENS

Eminence, Excellences,

Chers frères et sœurs,

Une semaine est déjà passée depuis le début du carême et l'Eglise renouvelle son invitation à la conversion et à la pénitence, en nous donnant l'exemple de Jonas et de sa prédication à Ninive.

L'exemple de Jonas est repris par Jésus lui-même dans l'évangile que nous venons d'entendre. Et ce n'est plus Jonas, mais Jésus lui-même qui nous invite à la conversion. Son invitation à la conversion doit être considérée bien plus attentivement que celle de Jonas, ou bien plus que les conseils de la sagesse de Salomon parce qu'il y a ici bien plus que Salomon, bien plus que Jonas : en Jésus, Dieu nous parle sans intermédiaire. Jonas a été un signe pour sa génération, Jésus a été un signe beaucoup plus fort pour la sienne.

Dieu nous envoie des signes qui sont autant d'appels à la conversion. Ces signes, nous sommes appelés à les discerner dans les événements de notre vie et dans la vie du monde. Ces signes sont toujours adaptés à nos possibilités de comprendre et aux péchés dont nous avons à nous détourner pour marcher dans la voie du Seigneur, qui est la seule voie qui conduit au bonheur véritable. Une épidémie n'est pas un châtiment du Ciel mais elle peut être considérée comme un signe que la miséricorde divine met sur notre chemin pour nous appeler à une vie meilleure, à une meilleure compréhension du sens de la vie. De même d'autres fléaux comme la guerre, la famine, la maladie, la mort, les conflits de tout genre. Ces fléaux peuvent êtres des signes indicateurs que l'homme s'est éloigné de Dieu et un appel à la repentance.

Face aux prétentions de l'homme d'exercer les prérogatives de Dieu, de s'emparer de "l'arbre de la connaissance et de l'arbre de la vie" dont nous parle le livre de la Genèse, face aux prétentions de l'homme de se détourner de la loi naturelle et des lois de la nature, face aux prétentions de l'homme de construire une humanité sans Dieu, Dieu lui envoie des signes ou plutôt Dieu permet des signes qui ne sont souvent que les conséquences du comportement de l'homme lui-même.

Ces dernières années nous avons perçu plusieurs de ces signes : la surexploitation de la planète a mis en évidence le risque de pénurie des ressources naturelles, et le changement climatique, entre autres. En 2019, un petit virus était devenu la pierre d'achoppement de l'orgueil de la science. Et plus loin encore, sans aucun sentiment de s'en réjouir, les événements du 11 septembre 2001 ont révélé l'illusion de la toute-puissance humaine. Tous ces signes qui sont pour nous des épreuves, des souffrances, nous invitent à reconsidérer nos prétentions, à nous remettre en question, à nous convertir, à reprendre conscience de notre fragilité foncière et finalement à nous tourner vers Dieu,  vers sa loi, vers ses commandements qui sont le mode d'emploi de notre humanité. Ces signes qui nous sont donnés avec leur cortège de peurs, d'épreuves, de souffrances, pour que nous les prenions au sérieux, ont une valeur pédagogique: « L'homme est un apprenti, la douleur est son maître, et nul ne se connait avant d'avoir souffert », dit-on.

Nous devons donc nous demander aujourd'hui si nous avons commencé à nous convertir, à lutter contre le mal, non seulement celui qui est en nous mais aussi celui qui est dans le monde, par la prière, par le sacrifice, l'ascèse et la mortification. Tout cela, ne l'oublions pas, doit advenir dans la joie, dans la sérénité, parce que se convertir, c'est cheminer plus rapidement, avec une plus grande confiance, vers le Seigneur, vers Dieu qui, à travers tous les événements de notre vie et du monde, ne cherche que notre plus grand bonheur.

Mes chers frères et sœurs, mes chers amis,

Pendant ce carême, mettons-nous à l'écoute du Seigneur avec plus d’attention ; c'est lui qui nous parle, la Sagesse divine, et nous voulons l'écouter avec joie pour laisser sa parole illuminer nos vies. Prions davantage. La prière donne une plus grande disponibilité pour la charité, pour l'amour du prochain, l'attention aux autres, et surtout, elle nous met dans la vérité face à Dieu, face au monde et face à nous-même. Amen.

Chapelle de la Caritas nationale

Ernest NGBOKO,cicm

Archevêque de Mbandaka-Bikoro

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