En ce lundi 8 décembre 2025, jour de la solennité de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie, les évêques membres du Comité permanent de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) ont officiellement ouvert leur session statutaire dans la salle Bakanja au centre caritas congo. Dans son discours d’ouverture, Mgr Fulgence Muteba, président de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) a déclaré que cette session est marquée à la fois par l’espérance et par le poids des épreuves, avec au cœur des travaux l’analyse de la situation sécuritaire nationale, l’avenir de l’éducation catholique, l’évaluation des institutions ecclésiales et la préparation de la prochaine Assemblée plénière de 2026. Mgr Muteba a d’abord exprimé la profonde tristesse qui traverse l’Église de la RDC, douloureusement frappée par la disparition successive de trois évêques émérites : Mgr Édouard Kisonga, évêque auxiliaire émérite de Kinshasa ; Mgr Faustin Ngabu, évêque émérite de Goma et Mgr Ferdinand Maemba Liwoke, évêque émérite de Lolo. Le président de la CENCO a présenté, au nom de tous les évêques, les condoléances les plus chrétiennes aux diocèses éprouvés et aux familles biologiques des défunts, avant d’inviter l’assemblée à un moment de recueillement en leur mémoire.
Poursuivant son allocution, il a chaleureusement salué la présence des membres du Comité permanent ainsi que celle des nouveaux secrétaires des commissions épiscopales, dont l’engagement constitue un signe d’espérance pour l’Église. Il a souligné que cette session aurait dû se tenir en juin, mais que les conditions sécuritaires – particulièrement dans l’Est du pays – avaient imposé un report. Cette insécurité persistante, qui continue de meurtrir des millions de Congolais par les violences et les déplacements forcés, demeure une préoccupation majeure de l’épiscopat, qui ne cesse de porter ces souffrances dans la prière et dans son action pastorale.
Le président de la CENCO a a ensuite esquissé les grands axes qui guideront les travaux de cette session. L’un des volets les plus importants concerne l’enseignement dans les écoles catholiques conventionnées, ainsi que dans les institutions privées, confessionnelles ou laïques. Pour le président de la CENCO, l’éducation catholique doit demeurer profondément enracinée dans l’Évangile et orientée vers le bien commun, car elle constitue l’un des piliers essentiels de la mission évangélisatrice de l’Église. Un autre point central portera sur l’évaluation du fonctionnement des œuvres éducatives, pastorales et sociales de la CENCO : universités, instituts pastoraux, séminaires et autres institutions qui jouent un rôle déterminant dans la formation humaine, académique et spirituelle. Il est impératif, a insisté le prélat catholique, que ces structures remplissent pleinement leur vocation afin de renforcer la qualité de la mission ecclésiale.
Les évêques procéderont également à l’examen de certaines nominations requises dans divers services et commissions. Ces décisions devront être prises dans un esprit de discernement, de justice et d’ouverture, en veillant toujours à ce que les personnes choisies puissent servir l’Église avec compétence et dévouement.
Le président de la CENCO a rappelé que le rôle du Comité permanent est d’assurer la mise en œuvre fidèle des orientations de l’Assemblée plénière et de préparer les dossiers majeurs qui seront soumis à l’ensemble de l’épiscopat. Pour cette raison, les travaux devront se dérouler dans un climat de sérénité, de rigueur et d’écoute attentive de l’Esprit Saint. La session comprendra également une réflexion approfondie sur la situation générale du pays, en particulier la crise sécuritaire dans l’Est, afin d’éclairer les prises de position pastorales et les orientations futures.
En ce jour de la solennité de l’Immaculée Conception, Mgr Fulgence Muteba a confié les travaux à la Vierge Marie, lui demandant d’intercéder pour la nation congolaise et d’inspirer des décisions qui répondent aux attentes du peuple de Dieu et aux défis contemporains.
S’adressant à la presse, Mgr Donatien Nshole, secrétaire général de la CENCO, a fait comprendre la portée et le sens de cette session. Il a d’abord rappelé que cette session aurait dû se tenir bien plus tôt dans l’année. Initialement prévue pour février, elle n’avait pas pu avoir lieu en raison de la situation sécuritaire qui avait empêché les évêques des régions orientales de rejoindre Kinshasa. Reprogrammée une première fois en juin, puis finalement déplacée, elle se tient aujourd’hui, en décembre. En effet, a-t-il ajouté, les évêques se réunissent deux fois chaque année au sein du Comité permanent, en plus d’une Assemblée plénière annuelle. La rencontre du mois de mai avait déjà permis de lancer les réflexions de l’année ; celle de décembre vient compléter ce cycle en abordant des questions cruciales pour la vie de l’Église et de la nation. Cette session du Comité permanent offre aux évêques l’occasion d’examiner en profondeur la situation socio-pastorale du pays, avec une attention particulière à la sécurité du pays. Les pasteurs analyseront également les dossiers et i,formations des différentes commissions de la CENCO.
Un autre dossier prioritaire concerne l’enseignement, secteur clé de la mission de l’Église en République démocratique du Congo. Les évêques se pencheront sur l’état des écoles conventionnées catholiques, mais aussi sur celui des écoles privées, confessionnelles ou laïques.
En ce temps d’Avent, marqué par l’espérance chrétienne, la tenue de cette session apparaît comme un moment fort pour l’Église catholique en RDC, appelée à éclairer la nation par sa voix prophétique et son engagement pour la justice, la paix et la dignité humaine.
Presse cecos/cenco

