Ce Jeudi 12 février, au Centre catholique Nganda, la commission épiscopale de l’éducation chrétienne a ouvert la session stratégique de concertation réunissant les coordinateurs provinciaux et diocésains ainsi que les conseillers résidents des Écoles Conventionnées Catholiques (ECCath), sous le thème « Du Pacte Educatif Africain et des Réformes Educatives Nationales en République Démocratique du Congo ». Durant quatre jours, ces gestionnaires des écoles conventionnées catholiques, venus de toutes les provinces ecclésiastiques de la République démocratique du Congo, vont réfléchir à l’harmonisation de l’action éducative catholique avec les réformes engagées, à la lumière du Pacte Éducatif Africain. La session se penchera également sur les problématiques liées au régime disciplinaire, recrutement fondé sur le mérite, gestion des mutations et transferts, retraites, décès, régularisation des agents mécanisés ou à mécaniser.
L’Abbé Emmanuel Bashiki, Coordinateur national des ECCath et Secrétaire exécutif de la Commission Épiscopale pour l’Éducation Chrétienne, a dans son mot de bienvenue, dressé un état des lieux de la situation des écoles conventionnées catholiques. Il a salué l’engagement des coordinateurs et conseillers résidents qui, malgré des conditions particulièrement difficiles, poursuivent leur mission administrative et pédagogique. Le coordinateur national a épinglé notamment le manque de moyens logistiques, l’insuffisance des frais de fonctionnement et le non-respect de certaines dispositions de l’Accord spécifique sur l’Éducation, les incompréhensions administratives observées notamment à Kinshasa et Lubumbashi, les difficultés d’accès dans plusieurs territoires enclavés Ilebo, Mweka, Luebo, Kankenge, Mweneditu, Tshilomba, Kabeya Kamwanga, Kolwezi, Sandoa ainsi que les défis sécuritaires persistants à Goma, Bukavu, Rutshuru, Béni, en Ituri et à Kouamouth.
Face à ces défis, l’Abbé Bashiki a plaidé pour une concertation approfondie afin d’améliorer les conditions de travail, de définir des orientations adaptées et de formuler des propositions concrètes à soumettre aux autorités compétentes. Il a insisté sur la nécessité d’une collaboration renforcée avec l’État, notamment dans le contexte de la gratuité de l’enseignement, ainsi que sur la recherche de mécanismes de financement durables, y compris à travers des structures telles que l’Ageas/CENCO.
L’Abbé Bashiki a enfin mis en avant l’urgence de moderniser l’administration scolaire par la numérisation, en partenariat avec la plateforme Yecolapp. Pour lui, l’appropriation du Pacte Éducatif Africain constitue une exigence majeure afin d’inscrire l’école catholique congolaise dans une dynamique de réforme cohérente, inclusive et durable.
Signalons que la session a connu la présence du Vice-ministre de l’Éducation nationale et de la Nouvelle Citoyenneté, Théodore Kazadi Muayila, Représentant la Ministre d’État en charge de l’Éducation nationale et de la Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, qui a tenu une conférence sur « la gratuité et frais de fonctionnement ». Dans son allocution, le ministre a martelé sur la stricte interdiction d’exiger des frais scolaires au niveau des écoles primaires publiques.
Du côté de la Conférence épiscopale nationale du congo (CENCO), l’abbé Georges Kalenga, 1er Secrétaire général adjoint, a souligné que ces concertations constituent un moment fort de réflexion commune pour assurer la bonne marche des Écoles Conventionnées Catholiques, dans une Église soucieuse de contribuer activement à l’édification d’un Congo prospère par l’éducation. Il a aussi évoqué les préoccupations actuelles de l’Épiscopat sur l’éducation à savoir : le Pacte Éducatif Chrétien, l’éducation à la paix et au bien-vivre ensemble, la promotion de la dimension évangélique de la pastorale scolaire, la sauvegarde des mineurs et des personnes vulnérables, l’éducation inclusive et surtout la prise en charge digne de l’enseignant congolais pour une éducation de qualité.
À ces enjeux s’ajoutent les défis liés à la qualité de l’enseignement, aux effets de la gratuité, aux infrastructures scolaires et aux réformes engagées par l’État, notamment le e-recrutement et la rationalisation des bureaux gestionnaires.
Le 1er Secrétaire général adjoint de la CENCO a insisté sur l’importance des avis et suggestions des Coordinateurs Provinciaux, Diocésains et des Conseillers Résidents, attendus par l’Épiscopat pour mieux cerner la réalité du terrain, évaluer l’état du partenariat avec l’État, la portée de l’Accord spécifique et la problématique persistante des Nouvelles Unités.
Enfin, il a encouragé les participants à vivre des échanges féconds sur les plans pédagogique, administratif, financier et pastoral, rappelant que l’école demeure le premier lieu d’évangélisation, en référence à Gravissimum Educationis.
Le Vice-ministre a estimé que ce forum constitue une opportunité stratégique pour le Secrétariat général, la Direction des ressources humaines et l’Inspection générale d’échanger avec les gestionnaires des écoles conventionnées catholiques sur les défis et les perspectives des réformes en cours, dans un esprit de transparence et de coresponsabilité. Transmettant le message de la Ministre d’État Raïssa Malu, il a réaffirmé que le partenariat historique entre l’Église catholique et l’État demeure un pilier fondamental pour garantir une éducation de qualité, inclusive et porteuse des valeurs humanistes. Il a exprimé le souhait que ces assises débouchent sur des recommandations opérationnelles et renforcent la synergie entre l’État et les acteurs éducatifs chrétiens, en vue de bâtir une école congolaise formant des citoyens compétents, responsables et profondément enracinés dans les valeurs du vivre-ensemble.
Bertin KANGAMOTEMA

