Mgr Fulgence MUTEBA : LE CAREME COMME MOMENT FAVORABLE D’EFFORT, DE COMBAT POUR LA CONVERSION.

Les évêques membres du comité permanent de la conférence nationale du Congo, ont débuté ce mercredi 18 février, mercredi des cendres, marquant le début du temps de carême, leur session statutaire de février. Mgr Fulgence Muteba, archevêque de Lubumbashi et président de la CENCO a présidé la messe d’ouverture de la session à laquelle était conviés tous les personnels de la CENCO, le président de la cenco a orienté son homélie sur le thème : «  Le carême comme moment favorable d’effort, de combat pour la conversion »  S’appuyant sur les textes du jours (1ère lecture : Joël 2, 12-18 ; 2ème lecture : 2 Co 5, 20-6,2 ;Evangile : Mt 6, 1-6.16-18), le président de la CENCO a prolongé sa méditation en ces termes :

Eminence,

Excellences,

Chers frères et sœurs

« Les lectures proposées par la liturgie, en ce mercredi des cendres, nous aident à entrer dans l’esprit de carême, par l’invitation à la conversion. En effet, le temps de Carême a toujours été ce moment favorable d’effort, de combat, pour la conversion. Nous nous le sommes rappelé dans la prière d’ouverture de cette célébration : « Accorde-nous de commencer saintement…. Notre entraînement au combat spirituel : que nos privations nous rendent plus forts pour lutter contre l’esprit du mal ».

La première lecture nous l’a aussi bien signifié : « Revenez à moi de tout votre cœur, dans le jeûne, les larmes et le deuil » (Joël 2, 12-18), c’est le même appel que nous trouvons de façon explicite chez Saint Paul, tel que nous l’avons entendu dans la 2ème lecture : « au nom du Christ, nous vous le demandons, laissez-vous réconcilier avec Dieu » (2 Co 5, 20).

Cependant, comme le dit le Pape Léon XIV dans son message pour le Carême 2026 : « Tout cheminement de conversion commence lorsque nous nous laissons rejoindre par la Parole et que nous l’accueillons avec docilité d’esprit ». C’est dans ce sens que je vous invite à nous laisser rejoindre par la Parole de Dieu qui nous est donnée dans le passage de l’Evangile que nous venons d’entendre : « Si vous voulez vivre comme des justes, évitez d’agir devant les hommes pour vous faire remarquer » (Mt 6,1). Cette parole est un avertissement, une sévère exhortation. Elle porte la marque d’un message prophétique. En effet, ce qui distingue un message prophétique de tout autre message, c’est le fait qu’il porte toujours un avertissement, un appel à l’eveil des consciences. C’est ce qui, par ailleurs, donne le cachet de « guetteur » ou de « sentinelle » à la mission prophétique qu’exerce l’Eglise. C’est justement en vertu de cette mission prophétique, confiée à l’Eglise par Notre Seigneur, que nous ne cessons et ne cesserons jamais d’avertir, d’alerter et d’éveiller les consciences des fidèles du Christ et des personnes de bonne volonté.

« Evitez d’agir devant les hommes pour vous faire remarquer d’eux », avons-nous entendu dans le passage de l’évangile. Par cette parole, le Seigneur a prévenu ceux qui le suivaient pour qu’ils ne tombent pas dans les pièges de la gloire et du pouvoir ostentatoire. Face à ceux qui détenaient le pouvoir religieux et politique, en Israël, Jésus, Grand Prophète, avertit ses disciples, qu’ils ne recherchent pas leur propre gloire, mais plutôt la gloire de Dieu. Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout le reste vous sera donné par surcroit, dit le Seigneur (cf. Mt 6,33).

Cet avertissement vaut pour nous aujourd’hui qui accomplissons souvent des rituels, qui ne touchent pas la vie, et qui sont posés uniquement pour être admirés des autres, pour recevoir des applaudissements et nous attribuer des mérites.

 

Il en va ainsi de tous nos gestes de piété et de nos engagements en tant que Chrétiens ou encore de la façon dont nous exerçons notre ministère de prêtres et d’Evêques : que nos prières, nos aumônes, notre jeûne ne soient pas tournés vers la recherche de nous-mêmes, mais plutôt vers la recherche de Dieu. Car la tentation est grande de reléguer Dieu à la dernière place de nos projets. Ceci nous porte à/ dire que ce temps favorable de Carême, que nous débutons aujourd’hui, est un moment d’école pour apprendre à tourner notre regard vers Dieu, à entrer dans le combat de Dieu, en ayant les yeux fixés sur Jésus-Christ et non sur les richesses temporelles ou le pouvoir de ce monde. C’est dans ce sens que nous pouvons comprendre l’invitation de Saint Paul : « au nom du Christ, nous vous le demandons, laissez-vous réconcilier avec Dieu…, par le Christ, Dieu nous a identifiés à sa Justice » (2 Co 5, 20). Le Christ, c’est le fondement.

Voilà pourquoi l’Eglise vient, par le geste d’imposition des cendres, nous redire : « tu es poussière, tu retourneras à la poussière » (Gn 3,). Ce n’est pas un simple rappel de notre origine de la terre ou de notre condamnation originelle, mais plutôt un avertissement. Comme pour dire, toi homme, tu as perdu l’immortalité par la désobéissance, tu as été racheté par le Christ, si tu ne fixes ton regard sur Jésus-Christ, si tu ne crois pas en la Bonne Nouvelle qu’il apporte, tu retourneras à la poussière.

Il s’agit donc de revenir à l’essentiel qui est Dieu. Quarante jours nous sont donnés pour revenir au Seigneur. Pour pouvoir opérer ce retour, trois moyens nous sont donnés :

  • Primo, revenir à nous-mêmes : reconnaître notre fragilité et notre état de pécheurs, et faire pénitence.
  • Secundo, revenir à Dieu avec confiance et espérance : lui redonner la primauté dans notre vie. Il s’agit de parler à Dieu et l’écouter dans un esprit de dialogue. De ce fait, la prière doit être au centre de notre vie pendant ce temps favorable de carême.
  • Tertio, revenir à nos frères et soeurs : avoir l’attention non pas dans les richesses à accumuler, mais avoir plutôt l’attention sur des personnes, particulièrement celles qui sont dans les besoins et l’affliction. La charité doit être au cœur de nos actions.

Chacun de nous devrait se poser la question de savoir où il en est avec l’écoute, la pénitence, la prière et la charité.

Eminence,

Excellences,

Chers frères et sœurs,

La célébration de ce jour, avec le geste fort d’imposition des cendres, que nous allons accomplir tout de suite, nous invite à la cohérence entre ce que nous recherchons et le chemin emprunté pour y arriver. Au bout de nos joies et de nos peines, c’est Dieu que nous cherchons. Tournons-nous vers lui par l’écoute active, la prière, le jeûne et l’aumône qui reflète notre coeur, C’est à cette condition que nous pourrons mourir avec Lui et ressusciter avec Lui. AMEN ».

                                                                 + Fulgence MUTEBA

                                                               Archevêque de Lubumbashi

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