Le vendredi 16 décembre 2022, à la paroisse Saint Mathieu Kamana, diocèse de Kabinda, Mgr Ntambue Kassembe Félicien a réuni des dizaines de personnes de la cité de Kamana et les villages environnants dans le territoire de Lubao, province de Lomami pour des explications amples sur l’Accord-cadre signé le 20 mai 2016 entre le Saint-Siège et la République Démocratique du Congo sur des matières d’intérêt commun.
L’accord-cadre est en fait une reconnaissance par l’Etat de la liberté religieuse et de la dimension sociale de l’activité évangélisatrice de l’Eglise. On retrouve des exemptions, facilités fiscales et douanières, à la santé et à l’assistance médicale, l’éducation à tous les niveaux, les établissements pénitentiaires et l’établissement de garde et d’éducation de l’Etat et l’activité pastorale de l’Eglise en faveur des orphelins et personnes de troisième âge, celles vivant avec handicap et autres personnes vulnérables. Ces exemptions ne sont pas du tout des privilèges.
A Kabinda tout comme à l’intérieur, Mgr Ntambue Kasembe, CICM, ajoute qu’il s’agit d’une nouvelle collaboration, plus intense et plus ordonnée », pour une « coopération pacifique et fructueuse de l’Eglise avec les institutions civiles », à la « juste reconnaissance » de la contribution de l’Eglise au bien commun et au bon développement des relations entre l’Eglise et l’Etat. Pour lui, les accords spécifiques signés dans les domaines d’action éducative, caritative et sociale visent le service du peuple congolais, le développement humain intégral de toutes les personnes, surtout des plus pauvres et des plus nécessiteuses.
Dans sa conférence-débat d’aujourd’hui le 4ème Evêque de l’histoire du diocèse de Kabinda a expliqué que L’Eglise catholique n’a plus le statut d’une Association Sans But Lucratif (ASBL). Elle ne relèvera plus du ministère de la justice. L’Eglise catholique et ses institutions reconnues par le droit canonique jouissent désormais de la personnalité juridique à caractère public. Elles ne relèveront plus du ministère de la Justice pour leur reconnaissance auprès de l’Etat congolais.
Ainsi, selon le décret du Premier ministre du 17 juin 2022, il est garanti aussi le respect de l’identité et des signes religieux et des titres régulièrement portés à la connaissance des autorités compétentes. Il assure aussi l’inviolabilité des lieux de cultes (églises, chapelles, oratoires, cimetières et leurs dépendances). Le décret soumet aussi au respect des normes canoniques toute nomination, par l’Etat, d’un prêtre ou d’un religieux. La nomination doit requérir l’accord écrit de l’évêque diocésain ou du supérieur général de la personne concernée.
On notera aussi que le secret de la confession est reconnu. Il est ainsi interdit d’interroger un clerc en matière de la confession. Le secret en est absolu et inviolable. Il est aussi reconnu à l’Eglise catholique le libre accès aux moyens publics de communication, notamment les journaux, revues, radios, télévisions et sites internet. L’Etat garantit à l’Eglise la liberté d’éditer, de publier, de divulguer et de vendre des livres, des journaux, des revues et du matériel audiovisuel, informatique et numérique. L’Eglise jouit aussi de la liberté d’organiser toute activité étroitement liée à sa mission spirituelle dans le respect de la loi et de l’ordre public.
Lors de jeu de question réponse, le Père Evêque a précisé le fait que l’Eglise ne demande pas de privilèges. « Elle ne demande qu’à être reconnue dans son identité propre et à s’accorder avec les autorités étatiques sur l’aide publique qui lui permet de remplir sa mission » dans les domaines culturel, social et culturel. En revanche, l’Eglise s’engage à respecter ses engagements « avec honnêteté et responsabilité ».
L’Evêque diocésain de Kabinda a invité les participants à travailler et à grandir ensemble dans la communion et la responsabilité, la vigilance et la charité pastorale.
En rappel, l’accord-cadre est en fait entré en vigueur le 17 janvier 2020 avec l’échange des instruments de sa ratification entre le Pape François et Monsieur Felix-Antoine Tshisekedi, Président de la RDC. Il a été signé, au niveau international, au Vatican, le 20 mai 2016, entre Mgr Paul Gallagher, secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats et Raymond Tshibanda, alors ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale de la RDC. Au niveau national, le premier Ministre Jean-Michel Sama Lukonde a signé à Kinshasa, le 17 juin 2022, un décret portant modalités et mesures d’application de l’accord-cadre entre le Saint-Siège et la RDC. Le 2 juillet 2022, en présence du cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’Etat de Sa Sainteté le Pape François, cinq accords spécifiques ont été signés à Kinshasa entre des ministres spécifiques et le président de la Conférence épiscopale, Mgr Marcel Utembi, archevêque de Kisangani. Les accords portent sur des matières d’intérêt commun.
Johnny Kasongo Kasongo