Ce vendredi saint, dans une atmosphère de recueillement profond et de silence chargé de mystère, Son Excellence Mgr Fulgence Muteba, Archevêque métropolitain de Lubumbashi, a présidé l’Office de la Passion du Christ en la Cathédrale Saints Pierre et Paul.
Dépouillée de ses ornements et de tout éclat habituel, l’église offrait un visage austère, en parfaite harmonie avec la gravité de la célébration. L’absence de cloches et de faste traduisait l’entrée dans le deuil sacré, invitant les fidèles à contempler le mystère du salut suspendu au bois de la Croix.
Venus nombreux, les chrétiens se sont avancés dans un esprit d’humilité et de foi, désireux de communier à la souffrance rédemptrice du Christ. La proclamation chantée de la Passion a plongé l’assemblée dans une méditation profonde, marquée par une émotion palpable.
Dans son homélie, Mgr Fulgence Muteba a rappelé que la Passion du Christ s’inscrit dans un chemin voulu et accompli par Dieu. « Souvent, le Christ échappait à ses ennemis, non parce qu’ils étaient incapables de l’arrêter, mais parce que son heure n’était pas encore venue », a-t-il souligné, indiquant que ce temps est désormais accompli dans le mystère de la Croix.
L’Archevêque a mis en lumière le sens du cheminement liturgique du Carême, depuis les acclamations du Dimanche des Rameaux jusqu’au silence du Vendredi Saint, comme une école de foi pour les chrétiens. Il a insisté sur une vérité centrale : « C’est par la Passion que le Christ nous libère. C’est dans la souffrance que jaillit la vie, et dans la mort que s’ouvre la gloire. »
Dans ce contexte de dépouillement total -sans anneau épiscopal, sans crosse ni cloches-, tout converge vers une seule réalité : la Croix, unique espérance du chrétien.
Invitant les fidèles à une foi incarnée, Mgr Muteba a exhorté à ne pas fuir les croix quotidiennes, mais à les accueillir avec confiance, comme des chemins de victoire. Il a également encouragé à redonner toute sa place à la Croix dans les foyers, non comme un simple objet, mais comme le signe vivant de la rédemption.
S’interrogeant sur la tendance à accuser Dieu face à la souffrance, le prélat a évoqué la fragilité de la foi, appelant à la nourrir et à la fortifier pour qu’elle devienne lumière dans les moments d’épreuve.
Dans un moment particulièrement intense, il s’est arrêté sur le passage de l’Évangile selon saint Jean où Jésus, du haut de la Croix, confie sa Mère au disciple bien-aimé. Une invitation, selon lui, à accueillir la Vierge Marie dans nos vies, à lui confier nos douleurs, nos croix et notre espérance.
La célébration s’est conclue par le geste d’adoration de la Croix, accompli dans le silence et la ferveur. Mgr Fulgence Muteba a invité les fidèles à prier pour tous, sans distinction, rappelant que le Christ, élevé de terre, attire à lui toute l’humanité.
En ce jour de la Passion, l’Église rappelle que sur la Croix, ce n’est pas seulement un homme qui meurt mais l’Amour qui se donne pour la vie du monde.
Père Alphonse Abedi, ssp
Commission des communications sociales/Lubumbashi

