CELEBRATION DE LA JOURNEE MONDIALE DES COMMUNICATIONS PAR LES FORMES A LA VIE CONSACREE ET SACERDOTALE DU PLATEAU DE KIMBONDO
Dans le cadre de la journée mondiale des communications sociales, la Commission Episcopale des Communications Sociales (CECOS) de la CENCO a organisé une conférence à l’intention des formé(es) à la vie consacrée et sacerdotale, des formateurs et formatrices et d’autres personnes consacrées du plateau de Kimbondo, paroisse Mater Dei, diocèse de Kisantu ce dimanche 9 juin dans la grande salle de la communauté des missionnaires Consolata.
D’entrée de jeu le secrétaire de la CECOS, Monsieur l’Abbé Guy MASIETA, a expliqué la portée de cette journée pour toute l’Eglise et en particulier l’importance de cette sensibilisation pour les formé (es) à la vie religieuse et sacerdotale non seulement comme futurs agents de l’évangélisation mais aussi comme utilisateurs des médias individuellement et pour l’évangélisation. Il a expliqué le mobile qui a poussé les Pères évêques de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) a repoussé la célébration de cette journée au dimanche après la solennité du sacre cœur de Jésus et non plus la solennité de l’ascension.
Deux communications étaient prévues. Le premier intervenant le Père Jean Bedel NDANDULA, Omi, a axé sa communication sur le thème suivant : « les formé (é) à la vie consacrée et sacerdotale et l’utilisation responsable des réseaux sociaux ». Le père a commencé par démontrer que la naissance du web marque une transformation profonde de l’espace public. En effet, dans l’espace public traditionnel, la prise de parole en public requérait un preneur de parole, le locuteur, puis un sujet du discours (celui dont on parle). Aujourd’hui, Le web a bouleversé plusieurs paramètres de communication de l’espace public. Avec le numérique, l’accès à l’espace public n’est plus réservé à des professionnels comme des journalistes, des auteurs, des éditeurs, des politiciens, des experts, les Evêques, les prêtres, les supérieurs des communautés, les formateurs ect. Chacun peut dire quelque chose sur tout le monde ; Potentiellement n’importe qui peut prendre la parole pour dire ce qu’il veut. La prise de parole est dérégulée. Par conséquent, beaucoup de propos qui ne s’entendaient pas ou ne se lisaient pas auparavant circulent aujourd’hui sur le web librement. Le tabou est brisé. Avec le web, les portiers de la prise de parole tendent à disparaitre. Les réseaux sociaux ont installé une forme de dictature qui risque de tout raser. Apres cette introduction il a présenté les avantages et les désavantages des réseaux sociaux avant de proposer les attitudes à adopter. Parlant des avantages, l’orateur du jour a expliqué que l’avantage du réseau social réside dans le fait que c'est une manière simple d'entrer en contact avec des amis, des connaissances, voire des groupes de personnes encore plus grands. Les réseaux sociaux permettent aussi d'un simple clic de souris de suivre les faits et gestes d'autres personnes grâce au flot d'informations que ces réseaux sociaux font déferler vers vous, via des photos, des vidéos, des mises à jour de statut. Il offre aussi un podium virtuel où l'on peut se placer soi-même sous les feux des projecteurs, avec le monde entier comme public potentiel. Malgré les nombreux avantages, a poursuivi l’orateur du jour, les réseaux sociaux ont des désavantages qui partent jusqu’à l’anéantissement de l’être humain, crée à l’image et à la ressemblance de Dieu. Il a invité le public à l’usage responsable et prudent des réseaux sociaux pour ne pas s’exposer au risque de briser l’image de Dieu que nous portons.
Le deuxième orateur Monsieur l’Abbé Jean Claude UNYUTHOWUN a partagé ses idées sur le thème suivant : « les formés à la vie consacrée et l’intelligence artificielle. Pour une posture éthique à l’ère d’une science et d’une pratique en perpétuelle mutation ». S’inspirant du message du Pape François à l’occasion de cette 58ème journée Mondiale des communications intitulé « Intelligence artificielle et sagesse du cœur : pour une communication pleinement humaine », le conférencier a commencé par expliquer ce qu’est l’intelligence artificielle. C’est une discipline scientifique aux confluents des mathématiques, de l’informatique et des statistiques. Elle consiste à créer, sur base d’algorithmes, des applications et des machines intelligentes, qui imitent le comportement humain et remplacent l’homme dans l’exécution des tâches qui, jusqu’ici étaient considérées comme des prérogatives de l’homme. Par exemple : le robot de signalisation, les caméras de surveillance, les drones militaires ou civiles, etc. bien que l’intelligence artificielle présente plusieurs avantages, les désavantages de l’Intelligence Artificielle, selon lui, sont de l’ordre du risque qu’elle charrie de se retourner contre l’homme si elle n’est pas encadrée, de le déshumaniser et de réduire la communication à un simple emmagasinement des données par manque d’une règlementation ou charte. En plus, le goût d’aventure de créer des algorithmes par les informaticiens peut provoquer des effets inattendus. Par ailleurs, l’emmagasinement des données augmente le risque de la cyber-surveillance et la cybercriminalité, etc. pour éviter les risques, au niveau politique, il faut encadrer le développement de l’IA par une réglementation adaptée sinon par une Charte Internationale Contraignante comme le souhaite le Pape François.
Au niveau éthique, il faut que les informaticiens évitent de créer des algorithmes et des machines qui ne répondent pas aux besoins qui ont motivé l’invention de l’Intelligence Artificielle : accompagner l’homme dans certaines tâches, l’aider dans l’amélioration des résultats et la prise des décisions dans les entreprises.
La conférence s’est clôturée par une eucharistie célébrée par Monsieur l’Abbé Jean Baptiste NSUKA, vicaire épiscopale chargé de l’administration et de la vie consacrée représentant personne de Mgr Jean Crispin KIMBENI du diocèse de Kisantu. Dans son homélie il a invité l’Assemblée à parler avec le cœur. Il faut donc que du cœur jaillissent les paroles justes pour édifier, pour construire un monde toujours meilleur où la vérité et la charité se rencontrent et peuvent éclairer conjointement la marche de l’homme vers son horizon final. Le cœur est le lieu de combattre la désinformation qui falsifie et instrumentalise la vérité. En effet, poursuivant son homélie, l’officiant du jour a ajouté que les fausses informations nuisent gravement à la société et à la dignité humaine. Cela peut gangrener nos communautés et devenir un fléau alarmant. Il a invité les formés et tout le public au discernement dans l’usage de ces moyens techniques et avoir pour critère de consommation : grandir en humanité et cultiver au plus haut point l’amour de Dieu. Plus de 250 formés et formées et leurs formateurs ont pris part à cette journée. Cette dernière s’est clôturée par une grande photo de famille et un petit verre d’amitié. D’autres conférences sont prévues pour d’autres couches sociales les jours à avenir.
Guy MASIETA, cecos
